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Accompagner un proche qui ne va pas bien

Quand quelqu'un que l'on aime va mal, on se sent souvent démuni : que dire, que faire, jusqu'où intervenir ? Voici des repères concrets pour être présent, aider sans prendre sa place, réagir en cas d'urgence et ne pas vous épuiser.

Publié le Mis à jour le 6 min de lecture

Votre sœur ne répond plus à vos messages depuis des semaines. Un ami, d’habitude si drôle, semble éteint. Votre fils passe ses journées enfermé dans sa chambre. Vous sentez que quelque chose ne va pas, mais vous ne savez pas comment réagir. Faut-il en parler ? Insister ? Attendre ? Il n’existe pas de mode d’emploi parfait, mais quelques repères simples peuvent vous aider à être présent sans vous perdre.

Repérer les signes, sans poser de diagnostic

La souffrance psychique se manifeste souvent par des changements, petits ou grands, par rapport à ce qu’est habituellement la personne : repli sur soi, consommation d’alcool excessive, manque de motivation2, sommeil perturbé ou résultats scolaires en baisse1. Une crise peut prendre des formes opposées : une grande agitation, ou au contraire le silence et l’isolement1.

Repérer ces signaux ne veut pas dire mettre une étiquette. Vous n’êtes pas là pour diagnostiquer une dépression ou un trouble anxieux : c’est le rôle des professionnels. Votre rôle est de remarquer que votre proche ne va pas bien et de le lui faire savoir avec bienveillance. Pour mieux comprendre ce qui distingue un passage à vide d’une difficulté plus profonde, vous pouvez lire la différence entre tristesse et dépression ou ce qu’est un trouble psychique.

Ouvrir le dialogue

Choisir le bon moment

Psycom conseille de choisir un endroit calme, à l’abri des regards, et de prévoir suffisamment de temps1. Une conversation glissée entre deux portes risque de tourner court. Une promenade, un trajet en voiture ou un café peuvent créer un cadre plus détendu.

Parler de soi plutôt que de l’autre

Privilégiez les phrases qui commencent par « je » plutôt que par « tu »1. « Je m’inquiète parce que je te trouve fatigué en ce moment » est plus facile à entendre que « tu ne fais plus rien ». La première exprime une inquiétude ; la seconde ressemble à un reproche.

Écouter sans juger

L’essentiel est de se rendre disponible et d’être prêt à une discussion libre, sans jugement2. Vous n’avez pas à avoir de solution. Évitez les injonctions du type « secoue-toi » ou « pense à autre chose » : elles partent d’une bonne intention, mais elles donnent souvent à la personne le sentiment de ne pas être comprise.

Vous pouvez aussi lui rappeler pourquoi vous l’appréciez : ses qualités, ce qu’elle vous apporte, ce que vous aimez chez elle2. Quand on va mal, on a tendance à l’oublier.

Si votre proche ne veut pas parler, ne forcez pas. Dites-lui simplement que vous êtes là et que la porte reste ouverte.

Aider sans décider à sa place

C’est souvent le plus difficile : soutenir, sans prendre le contrôle. Il ne s’agit pas d’agir à la place de la personne, ni de la prendre en charge, mais de lui proposer d’être présent2. Même lorsque ses difficultés sont importantes, elle reste aux commandes de son existence et de ses projets1.

L’accompagner dans sa recherche d’aide

Vous pouvez faciliter les démarches, sans les faire à sa place. Psycom suggère par exemple de s’informer ensemble, d’appeler ensemble une ligne d’écoute, de prendre rendez-vous avec elle ou de lui tenir compagnie en salle d’attente2. L’idée est de l’aider à trouver des informations, des services et des professionnels fiables, tout en la laissant faire les pas1.

Le médecin traitant est souvent une bonne première porte d’entrée ; le parcours de soins en santé mentale présente les autres, comme le CMP ou la maison des adolescents. Pour vous y retrouver dans les métiers de la santé mentale, consultez notre article psychiatre ou psychologue : qui consulter ?. Si votre proche hésite, lui expliquer comment se passe une première consultation peut l’aider à franchir le pas.

Respecter le secret et son consentement

Si votre proche est suivi, les soignants peuvent informer l’entourage sur la maladie et son traitement, mais seulement avec son accord : c’est ce que recommande par exemple la HAS pour la dépression3. Ne lui en voulez pas s’il préfère garder certaines choses pour lui.

Ne pas réduire la relation à la maladie

Votre proche reste la même personne. Continuez à partager ce que vous aimiez faire ensemble, sans que les difficultés prennent toute la place1. Regarder une série, faire des courses ou boire un café ensemble sont aussi des façons de soutenir2.

En cas d’urgence

Certaines situations ne peuvent pas attendre. Les liens affectifs peuvent brouiller le jugement sur la gravité de la situation, et en cas de doute, il faut toujours appeler le SAMU1.

  • Le 15 (SAMU) : pour toute urgence médicale4.
  • Le 112 : le numéro d’urgence européen, qui oriente vers le service adapté4.
  • Le 3114 : le numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24 h/24 et 7 j/74. Il s’adresse aussi aux personnes qui veulent aider quelqu’un en souffrance5. Un professionnel du soin formé à la prévention du suicide vous répond5.

En cas de crise, Psycom conseille d’installer la personne dans un endroit rassurant et de contacter les secours (le 15, le 17 ou le 18), qui prendront le relais2. En attendant leur arrivée, la présence d’une personne familière, des gestes et des mots calmes peuvent apaiser1.

Si votre proche évoque des idées de suicide, prenez-le au sérieux. Il n’est pas forcément en danger immédiat, mais il est important d’agir ; évaluer ce risque est complexe et relève de professionnels, que vous pouvez joindre au 31146. Le site du 3114 recommande aussi de l’empêcher d’accéder à des moyens de mettre fin à ses jours et d’éviter qu’il ne constitue des réserves d’alcool ou de substances toxiques6.

Quand consulter

Si vous avez un doute sur la gravité de la situation, n’attendez pas : appelez le 15. Si vous êtes inquiet pour le risque suicidaire d’un proche, ou si vous avez vous-même besoin de conseils, le 3114 répond jour et nuit.

Prendre soin de vous

Accompagner quelqu’un qui va mal demande de l’énergie, parfois pendant longtemps. Il est important d’apprendre à vous préserver1. Psycom propose quatre réflexes2 :

  1. repérer vos propres signes de fatigue ;
  2. poser vos limites ;
  3. garder du temps pour vous ;
  4. vous entourer et chercher du soutien.

Vous n’êtes pas un soignant, et vous n’avez pas à tout porter seul. Des associations de proches aidants, des groupes de parole et des programmes de psychoéducation existent, ainsi que des professionnels qui peuvent vous accompagner vous aussi : médecin généraliste, psychologue, assistante sociale1.

L’Unafam, association de familles et d’amis de personnes vivant avec des troubles psychiques, propose notamment des formations et le programme de psychoéducation Bref1. Son service Écoute-famille est une ligne d’écoute anonyme et gratuite, tenue par des psychologues cliniciens, ouverte aux appels de toute la France, sans avoir besoin d’être adhérent7.

Ressentir de la colère, de la lassitude ou de la culpabilité est fréquent quand on accompagne un proche. Ces émotions ne font pas de vous une mauvaise personne : elles signalent souvent qu’il est temps de demander du relais.

À retenir

Remarquez les changements, mais laissez le diagnostic aux professionnels. Parlez de votre inquiétude avec des phrases en « je » et écoutez sans juger. Aidez votre proche à chercher de l’aide sans décider à sa place. En cas de doute sur une urgence, appelez le 15 ; pour le risque suicidaire, le 3114. Et préservez-vous : vous aussi avez le droit d’être soutenu.

Pour aller plus loin

Retrouvez nos repères pour consulter et se faire accompagner, et découvrez les différentes psychothérapies pour aider votre proche à comprendre ce qui pourrait lui être proposé. Pour démêler le vrai du faux sur la dépression, testez-vous avec notre quiz sur les idées reçues sur la dépression.

Cet article fait partie de l’ensemble Consulter et se faire accompagner.

Cet article informe et aide à comprendre. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un psychologue, qui seuls peuvent évaluer une situation personnelle.

Sources

  1. Psycom (sur Santé.fr) Santé mentale : Le soutien d'un proche (publié le 17 septembre 2026, consulté le 20 octobre 2026)
  2. Psycom Prendre soin de sa santé mentale – Comment aider un·e proche ? (fiche repère) (date non indiquée par la source, consulté le 20 octobre 2026)
  3. Haute Autorité de santé (HAS) Épisode dépressif caractérisé de l'adulte : prise en charge en soins de premier recours – Synthèse : prise en charge thérapeutique et suivi (date non indiquée par la source, consulté le 20 octobre 2026)
  4. Service-public.fr Quels sont les numéros en cas d'urgence (Samu, pompiers...) et les numéros d'écoute ? (daté du 25 août 2026, consulté le 20 octobre 2026)
  5. 3114 – Numéro national de prévention du suicide (ministère chargé de la Santé) Numéro national de prévention du suicide – 3114 (page d'accueil) (date non indiquée par la source, consulté le 20 octobre 2026)
  6. 3114 – Numéro national de prévention du suicide (ministère chargé de la Santé) Que faire si la personne envisage le suicide ? (date non indiquée par la source, consulté le 20 octobre 2026)
  7. Unafam Une ligne d'écoute (daté du 23 novembre 2024, consulté le 20 octobre 2026)

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