Un jour ma princesse viendra

 

un jour ma princesse viendra

Martin est venu me voir pour travailler un peu sur ses névroses.

Il n’est pas heureux et il aimerait que cela change. Prof d’histoire-géographie en collèges et lycées, il se définit comme un raté. C’est un homme mais dans le couple, c’est lui qui finit le plus tôt et s’occupe de son fils unique.

Son épouse, Nathalie, qu’il avait rencontré à la fac, avait continué ses études. Elle faisait de la recherche, ayant des responsabilités d’un laboratoire. Par contre, une fois à la maison, elle s’avachissait sur le canapé pour regarder la télévision en se vidant la tête.

Martin, pendant ce temps, travaillait ses cours qu’il n’avait pas eu le temps de préparer du fait de s’être occupé de son fils et d’avoir préparé le repas. Cela le calmait et l’empêchait d’avoir ses ruminations. Il aurait aimé aller plus loin. Passer sa thèse, son habilitation à diriger des recherches, être professeur avec un grand « P ». Bref, avoir la justification de pouvoir rentrer tard et de toujours travailler, même à la maison.

Ce qui caractérisait le plus Martin, c’était la frustration.

Les difficultés avaient commencé à la naissance de son fils. Il avait désiré partir de la maison à ce moment, par peur, se sentant trop âgé.

  • Vous imaginez docteure, quand il aura vingt ans, je serai vieux!

Ensuite, il eut la sensation de de devoir s’occuper de son fils de la sortie de l’école au coucher avec une frustration l’amenant régulièrement jusqu’à la colère. Qui éclatait quand sa femme rentrait.

  • Maintenant, ça se passe mieux avec Brigitte, j’essaie de lui en dire le moins possible sur mes ruminations, mais elle sait. Je suis un idéaliste, un passionné. J’ai été un amoureux transi pendant toute mon adolescence, recherchant un idéal que je n’ai jamais assouvi.

Il s’était durant des années investi dans des compétitions sportives, repoussant les limites que son corps lui rappelait de temps à autre. Courant des dizaines de kilomètres, pédalant sur des centaines…

Il était conscient dès le départ que lorsqu’il avait rencontré sa femme, elle ne correspondait pas à son idéal fantasmé des années durant. Il était tombé amoureux sans comprendre cela.

Plusieurs événements l’avait ébranlé et il se sentait aussi fragile que le plant de tomate qui guette l’eau et le soleil qui lui permettront de continuer à pousser et donner.

Ainsi, il avait eu une petite fille, qu’il n’avait jamais pu voir grandir. Elle avait eu le diagnostic anténatal de trisomie 21 et ils avaient choisi avec Brigitte de faire une interruption thérapeutique de grossesse.

  • j’ai assisté à un accouchement qui n’en était pas un. Vous n’imaginez pas à quel point cela peut être terrifiant. Je n’ai pas été prévenu. Ils ne m’ont rien dit. Je ne m’attendais pas à ça. Si j’avais su, je n’aurai pas accepté d’être là. Ca m’a bouleversé et quand j’y repense j’en ai encore la chair de poule.

Après cela, il en avait voulu énormément à Brigitte  car lorsque son père malade devint mourant, il ne put arriver à temps à hôpital du fait du retard de Brigitte.

  • je n’ai jamais pu lui dire ce que j’avais sur le coeur. Cette fois-ci je sentais que j’aurais eu le courage. Il ne saura jamais la colère que j’avais contre lui de sa tyrannie. Cette envie de révolte qu’il avait fait naître en moi et que je n’ai jamais pu sortir.

D’autant que son père avait toujours préféré sa soeur et ne s’en était jamais caché.

  • Le dernier élément,  la goutte qui a fait déborder le vase, c’est quand un collègue est tombé amoureux d’une autre femme que la sienne et qu’il me l’a dit.

Cela l’avait ébranlé. Et remis en question son système de pensées, activant en lui le doute. Et si sa femme n’était pas celle qui lui était destinée? Il ruminait donc à longueur de journée autour des questions de l’amour, sur ce à quoi cela correspond.

  • Je suis quasi certain de ne plus l’aimer. Je veux vivre intensément quelque chose, une vraie histoire d’amour, une passion.

En fait,  il disait qu’il aimerait partir, à l’inconnu.

  • Du coup je suis sûr qu’une autre femme va me choisir, et je l’attends…

La Psychiatrie en France: le secteur, les CHU et le libéral

psychiatrie

 

Dans ce blog, il convient d’évoquer le fonctionnement de la psychiatrie en France. Il existe plusieurs systèmes qui cohabitent et sont complémentaires. J’aborderai-là une vision concise. J’aurai forcément oublié des rouages, des intervenants

Alors n’hésitez-pas à réagir!

Le secteur

Tout d’abord, il y a ce que l’on appelle “le secteur”. Ce terme regroupe pas mal de choses dans une organisation de la psychiatrie publique de premier recours. Chaque personne qui nécessite une prise en charge psychiatrique peut y recourir, les structures de soins dépendant de l’endroit où il habite. Ainsi, on y retrouve des centres hospitaliers spécialisés (CHS) pour ne plus dire hôpitaux psychiatriques ou asiles. Ils avaient été initialement construits à l’extérieur de la cité  pour ne pas importuner les bonnes gens, nécessitant parfois de faire de nombreux kilomètres pour pouvoir y accéder. La tendance actuelle va au rapprochement du lieu d’habitation. Ces CHS aussi appelés “l’intra” pour intrahospitalier permettent l’hospitalisation temps plein, parfois de nuit ou de jour, dans des unités ouvertes ou fermées en fonction des besoins inhérents à la pathologie pour laquelle les soins sont nécessaires.

Beaucoup  de soignants peuvent être impliqués dans les prise en charge: des psychiatres, des psychologues, des infirmier(e)s, des aide-soignant(e)s, des assistant(e)s sociales(aux), des secrétaires médicales, des ergothérapeutes, des kinésithérapeutes, des musicothérapeutes.

Toujours dans le secteur, il existe les structures extra hospitalières (l’extra), dont les premiers maillons sont les centres médico-psychologiques, où peuvent être présents les mêmes intervenants. Il y a aussi les centres d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP), où les patients peuvent bénéficier d’activités structurées sur quelques heures; les Hôpitaux de jour (HDJ),  qui permettent  d’avoir des demi-journées ou des journées d’hospitalisation en dehors des murs de l’hôpital (parfois dedans tout de même…); et les Établissements de Soins et d’Aide par le Travail (ESAT, anciennement CAT), qui permettent aux patients de travailler dans un environnement protégé qui prend en considération que les rythmes de travail ne peuvent être aussi soutenus que dans l’univers productiviste du travail dit “normal”.

CHG et CHU

Ensuite, on retrouve les Centres Hospitaliers Généraux (CHG) et les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU), qui comportent des services de psychiatrie non sectorisés (ils peuvent aussi l’être selon les hôpitaux), souvent des services d’urgence ou parfois seulement des psychiatres de liaison (psychiatres qui interviennent à la demande de leurs collègues non psychiatres dans des service non psychiatriques). Ils peuvent être des services de psychiatrie générale, ou être spécialisés dans certaines prises en charge uniquement, comme la dépression résistante, la schizophrénie résistante, les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles bipolaires, les pathologies liées au suicide, les troubles du comportement alimentaires, les troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, les troubles du spectre autistique, etc. Il existe ainsi une forte tendance comme dans les autres disciplines médicales à la sur-spécialisisation de certains praticiens dans des domaines bien délimités. On aura ainsi des schizophrénologues, des bipolarologues, des autistologues ou encore des TOCologues. Qui verront tout par le spectre de leur sur-spécialité.

L’activité est aussi souvent alimentée par les services d’urgences locaux qui sont un peu ce que les tours de contrôle sont à l’aviation. Le rôle du psychiatre des urgences est ainsi de déterminer le plus rapidement possible l’orientation de son patient après avoir évalué la situation. Quel est le degré d’urgence? Consultation unique puis sortie ou hospitalisation? Quel lieu d’hospitalisation? Quel mode d’hospitalisation (libre ou sans consentement)? Faut-il un traitement rapide sur place? A-t-on besoin d’un traitement par la bouche si le patient accepte ou en intra-musculaire s’il le refuse? Faut-il le mettre en chambre d’isolement? Autant de questions qui permettent des prises de décision dans l’intérêt du patient. Même si par moment, c’est dur et qu’il n’est pas forcément volontaire dans les soins.

Les cliniques

Après cela, on retrouve les établissements privés ou cliniques qui nécessitent en général que les patients aient des mutuelles pour être pris en charge. Il en existe un nombre variable, plus ou moins spécialisées. Comparativement aux hôpitaux, les forfaits hospitaliers sont moins chers (la sécurité sociale débourse moins) mais il y a souvent rattrapage sur l’aspect hôtelier (chambres seuls payantes, repas plus chers, plus ou moins d’autres services). Contrairement à l’hôpital, il s’agit d’établissements à but lucratif à l’origine. Cependant, depuis quelques années, avec la loi HPST (Hôpital Patient Santé Territoire) puis la loi de Santé Touraine,  l’hôpital devient aussi une entreprise avec des objectifs de rentabilité. En règle générale, les cliniques psychiatriques, aussi parfois appelées Maisons de Santé n’accueillent pas de patients en soins sous contrainte. Certaines ont tout de même cette rare caractéristique. Les psychiatres qui y travaillent peuvent être libéraux ou salariés.

Les psychiatres de ville

Enfin, il y a les psychiatres libéraux, dits “psychiatres de ville”, qui ont leur cabinets installés dans la cité. Ils peuvent être conventionnés en secteur 1 (remboursés intégralement), secteur 2 (avec dépassements d’honoraires en plus du tarif remboursé de la sécurité sociale) ou être non conventionnés (tout est à la charge du patient). Ils peuvent ne gérer que l’aspect médicamenteux ou aussi faire des psychothérapies, voire ne faire que des psychothérapies.

2 ans!

Joyeux anniversaire la puce!

On peut se demander ce que cela vient faire dans ce blog sur la psychiatrie, mais je suis avant tout une maman et ce 5 Octobre célèbre l’arrivée il y a deux ans sur notre planète de ce petit rayon de soleil qu’est ma fille. Alors je voulais lui rendre cet hommage, lui dire à quel point je l’aime et apprécie chaque instant que je peux vivre avec elle.

Ma puce, malgré ces nuits difficiles encore (3 réveils dans la nuit de ce jour à fêter, peut-être pour profiter encore plus de moi, sachant que c’est un jour particulier), tu remplis toujours mon cœur de joie.

Futée, coquine, tu es capable déjà de beaucoup d’empathie. Précautionneuse à l’égard des autres, tu saisis tout de suite quand quelque chose ne tourne pas rond. Et alors, tu demande comment ça va, tu t’inquiètes, renversant la situation.

Te voir grandir si vite est à la fois un miracle du quotidien et j’ai l’impression que chaque jour apporte son lot de transformations, de changements.

Mon bébé, ma déjà grande fille, je t’aime!

Au revoir Patrice, bonjour Vanessa

rien-ne-serait-plus-jamais-comme-avant

Bonjour à toutes et à tous,

Je mets juste à jour. Les votes sont terminés depuis longtemps.

Ce texte permettra juste de faire le lien car l’article appartient au site Au Féminin.

j’ai écrit une petite nouvelle pour le concours e-crire aufeminin « Au revoir Patrice, bonjour Vanessa », sur la thématique « rien ne serait plus jamais comme avant ».

Au sujet du transsexualisme.

La moitié des nouvelles qui seront sélectionnées le seront par le public. Alors, si cette nouvelle vous intéresse, n’hésitez pas à voter.

Le vote se fait sur le site aufeminin.com dont le lien est juste en dessous. Il nécessite un compte Facebook.

Merci de votre soutien!

http://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/au-revoir-patrice-bonjour-vanessa-s1986444.html